vendredi 13 novembre 2009

Onthachimadam


Au début du mois de novembre nous avons procédé à la remise officielle de 36 maisons construites par la Fédération internationale de la Croix-Rouge sur le site de Onthachimadam (phase II) dans le district de Batticaloa. Ce projet s’inscrit dans le programme de reconstruction suite au tsunami.

La journée était orageuse mais la pluie n’a pas diminué l’enthousiasme des bénéficiaires (qui viennent tout juste de s’y installer). Le projet est situé dans une zone tamoule de la côte et inclut une importante composante d’infrastructure (rue, puit, tour d’eau et drainage).

Le gouvernement sri-lankais était représenté par le DS (Divisional Secretary) local, la Croix-Rouge sri-lankaise par son directeur d’Ampara et deux membres du conseil de Batticaloa, et la Fédération par son représentant pour la province de l’est, par le gestionnaire principal de construction au niveau national (mon patron) et par moi-même, le délégué régional chargé de construction.

Tout ce beau monde a d’abord été reçu en musique par le président du comité des bénéficiaires et « décoré » avec des colliers de fleurs avant le dévoilement de la plaque officielle. Puis on a procédé à l’allumage de la lampe traditionnelle (à l'huile de coco) et aux discours d’usage, en anglais et en tamoul.

Finalement des certificats officiels ont été remis aux nouveaux propriétaires. Le tout s’est déroulé dans une athmosphère bon enfant, à peine perturbée par de sérieuses ondées. Tout le monde a été trempé mais la joie des bénéficiaires faisait plaisir à voir.

vendredi 6 novembre 2009

A Tours


J’ai eu le plaisir de passer quelques jours en Touraine durant le mois d’octobre. Séjournant chez mes amis Fanny et Yves j’ai pu savourer une excellente cuisine et déguster les superbes vins de la région (Chinon, Bourgueil, Vouvray, Montlouis, etc.).

Tours est une ville d’art et d’histoire (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO) qui date de l’époque gauloise. Préfecture du département d’Indre-et-Loire, principale ville de la région Centre, elle est située sur un bras de terre séparant la Loire et le Cher, en amont du confluent de ces deux rivières.

On peut visiter dans cette ville plusieurs monuments et sites intéressants. La cathédrale Saint-Gatien date du XIIIème siècle et l’ancien palais des archêques, qui est voisin, abrite maintenant le Musée des Beaux-Arts. On peut y admirer dans la cour un magnifique cèdre du Liban plus que centenaire.

Le monastère Saint-Martin constituait une étape sur le chemin de Compostelle. On peut encore observer la Tour Charlemagne et la Tour de l’Horloge, derniers éléments de la collégiale médiévale.

Le château de Tours abrite maintenant un musée d’art moderne. C’était la résidence des comtes d’Anjou. On est ici dans la région des châteaux de la Loire…

Le site le plus célèbre de la ville est sans doute la place Plumereau avec ses nombreux cafés et restaurants, très fréquentée par les étudiants (il y en a beaucoup à Tours, et plusieurs sont étrangers). Dans les environs de celle-ci on trouve un ensemble architectural de maisons et d’hotels particuliers médiévaux et renaissance (le Vieux-Tours).

Tours est une ville très fleurie et les parcs et squares sont bien aménagés. On visite avec plaisir le marché aux fleurs ouvert chaque jour sur la grand boulevard de la ville.

Mes amis habitant sur l’autre rive de la Loire, je devais donc traverser pour aller en ville le fameux pont Wilson, un magnifique pont de pierre construit entre 1765 et 1778. Il est actuellement joliment décoré de nombreuses bannières très colorées. A l’entrée du pont on remarque 4 petits pavillons qui servaient autrefois pour la collecte des taxes de passage (ou l'octroi). Un de ceux-ci a été « emballé » par un artiste japonais (non ce n’est pas un échafaudage…).

Le séjour en Touraine a donc été fort agréable. J’ai bien profité de l’hospitalité de mes amis qui ont une maison très accueillante (voir plus haut) malgré des travaux de rénovation qui ne sont pas entièrement complétés. Un aperçu ici du salon et de la salle à manger.

vendredi 30 octobre 2009

Architecture de Colombo


De retour au Sri Lanka après un peu plus de 2 semaines de vacances en France.

Je vous montre ici quelques exemples d’architecture coloniale dans le quartier de Wellawatta de la capitale, Colombo. Du moins ce qui en reste car ces maisons anciennes sont souvent dans un état déplorable. Beaucoup des bungalows du secteur ont d'ailleurs été démolis pour faire place à des immeubles en béton. Mais on trouve encore quelques témoins d’une époque révolue et on peut imaginer l’ambiance qui régnait alors.

J'inclus aussi deux églises (dont une est d’inspiration art déco) et un important temple hindouiste sur Galle Road, dans le même coin de la ville.

Egalement un étal de légumes sur la rue, une nouvelle maison d'inspiration traditionnelle et finalement une vue de la plage de Wellawatta un dimanche en fin de journée, juste en face de mon hotel.

mardi 6 octobre 2009

Kandy - Temple of the Tooth


C’est à Kandy, dans les montagnes, que se trouve le temple le plus important du bouddhisme sri-lankais: le temple de la Dent (de Bouddha) ou Sri Dalada Maligawa. Il est situé à l’intérieur de l’enceinte de l’ancien palais royal. Kandy a été en effet la capitale des derniers rois cingalais et la protection de la relique était à la fois pour eux un devoir et une source de pouvoir.

Le site du temple, sur la rive du petit lac Bogambara au centre de la ville, est inscrit au répertoire du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO. L’ensemble est constitué de plusieurs bâtiments construits à diverses époques. Pour accéder à celui-ci on doit d’abord franchir une douve remplie d’eau.

Le pavillon d’entrée (Mahawahalkada) a été complètement détruit lors de l’explosion d’une bombe en 1998 (LTTE), mais il a été entièrement reconstruit depuis. Le pavillon principal a deux étages et contient la chambre sacrée de la relique. Celle-ci est enchassée dans 7 coffrets dorés (placés l’un dans l’autre). Difficile donc de pouvoir admirer cette fameuse dent (une incisive, une molaire ou autre – mystère)!...

Une sorte de dais, enluminé lui aussi à la feuille d’or, a été construit en 1987 au dessus du temple principal. C’est très joli lorsque le soleil brille et qu’on l’observe de l’autre côté du lac.

L’autre édifice important du complexe est le hall d’audience. Il date de 1783 et a été rénové en 1872 pour la visite du Prince de Galles. C’est l’endroit où le roi rencontrait sa cour et où a été signée la Convention de Kandy en 1815 cédant le territoire cingalais à la couronne britannique.

Dans un petit pavillon ouvert situé au nord du hall d’audience les pélerins peuvent allumer les petites lampes à huile cérémoniales.

Sur les rives du lac se trouve Ulpen Ge, ou le bain de la reine (ou des reines car il s’agissait plutôt d’un harem), une élégante structure construite en 1806 par le roi Sri Vikrama Rajasinha.

Une visite du temple de la Dent est sûrement l’un des attraits principaux de la ville de Kandy et même du pays. Mais il faut pas espérer contempler la célèbre relique mais plutôt se contenter d’admirer l’architecture, les sculptures et l’ornementation du temple.

mardi 29 septembre 2009

Sur la route de Colombo


Cela prend environ 7 heures et demie pour faire la route d’Ampara à Colombo. Il y a deux options : la route du sud via Monaragala et celle du centre via Kandy. Lorsqu’on choisit celle de Kandy on traverse la montagne et la route longe de nombreux réservoirs, grands et petits. Celui de Victoria est particulièrement impressionnant et on y observe une importante centrale hydroélectrique (Victoria Dam).

Cette route est toute petite et très pittoresque (via Bibile) et il y a généralement peu de circulation. On est en pleine campagne, et les villages sont rares. C’est donc un trajet fort agréable jusqu’à Kandy, l’ancienne capitale du pays.

A partir de cette ville la circulation augmente considérablement et il faut traverser de nombreuses agglomérations jusqu’à la capitale. C’est la partie la moins agréable du voyage. Beaucoup de klaxon! On peut cependant en profiter pour faire quelques achats sur le bord du chemin: meubles et paniers en osier, noix de cajou, fruits (avocats, ramboutans, ananas) et légumes, et même des jouets gonflables (!).

A l’approche de Colombo la circulation se fait beaucoup plus intense et nous voici déjà dans les embouteillages de la capitale. Il faudra souvent presqu’une heure pour rejoindre l’hôtel en front de mer (à Wellawatta).

mercredi 23 septembre 2009

Jeunes Sri-Lankais


La population sri-lankaise est composée de 3 principaux groupes ethniques. Il y a d’abord les Cingalais, qui forment la majorité. Venus du nord de l’Inde il y a fort longtemps (IIIème siècle av. J.C.), ils ont établi divers royaumes sur l’île (d'abord appelée Taprobane, puis Serendib).

Puis les Tamouls qui sont plutôt concentrés dans le nord (Jaffna) et l’est du pays. En provenance du sud de l’Inde (Tamil Nadu), un premier groupe a jadis créé un royaume dans le nord du pays. Puis, beaucoup plus tard (au XIXème siècle), les colonisateurs britanniques ont fait venir de la main-d’œuvre à bon marché pour leurs plantations de thé du centre de l’île. C’est le deuxième groupe de Tamouls. Et finalement il y a les musulmans, descendants des marchands arabes venus du Moyen-Orient. Ils se retrouvent surtout sur la côte.

Les Cingalais parlent la langue cingalaise (sinhala, à 75%). Les Tamouls et les musulmans parlent le tamoul (25%). Il y a donc deux langues officielles, la langue de colonisation étant l’anglais.

Les caractéristiques physiques des différents groupes sont parfois difficiles à distinguer. Généralement les Tamouls (et les musulmans) sont plus minces et plus grands que les Cingalais mais ce n’est pas toujours le cas. Ils ont tous la peau assez foncée (brun chocolat) sauf peut-être une petite minorité de burghers (métis issus de mélanges avec les colonisateurs portugais, hollandais et britanniques).

Toutes les photos de cet article ont été prises dans l’est du pays, et surtout sur la côte, donc les jeunes que vous voyez ici sont presque tous tamouls ou musulmans. Ils ont la beauté de la jeunesse…

jeudi 17 septembre 2009

Okanda


Un des endroits les plus sacrés pour les hindouistes de ce pays est le temple (kovil) de Ukanta Malai situé à Okanda, à environ une heure au sud d’Arugam Bay. Le sanctuaire, relativement modeste, est situé au pied d’un escarpement rocheux sur lequel sont érigés deux autres petits temples et des citernes sacrées (teetham - asséchées lors de notre visite).

Plus de 25,000 pélerins en route pour Kataragama, autre lieu sacré situé plus au sud, se rassemblent à Okanda avant la pleine lune de juillet. C’est le pèlerinage de Pada Yatra et l’occasion de grandes festivités.

On raconte que le site serait le lieu d’arrivée au Sri Lanka (sur des bateaux de pierre!) du sieur Murugan et de sa compagne Valli. Un des temples sur le rocher est d’ailleurs dédié à Valli.

C’est un endroit fort isolé et qui n’est accessible que depuis la fin de la guerre. On doit d’ailleurs encore présenter les passeports à 3 points de contrôle. Mais le voyage en valait la peine. J'ai eu droit à toutes les bénédictions d'usage par le sâdhu local...

Sur la route d’Okanda on peut aussi maintenant visiter la forêt de Kudimbigala, un magnifique site de 4700 hectares. On y trouve de nombreux temples et hermitages bouddhistes (plusieurs dans des grottes naturelles).

Les escarpements rocheux sont nombreux et, sur le plus haut, on admire une ancienne stupa et on a une vue magnifique de toute la région, jusqu'à Kataragama.

Cela ressemble un peu à une sorte d’immense jardin japonais. La montée est assez raide mais le panorama du sommet vaut bien ce petit effort.


On m’avait parlé d’une lagune dans le secteur, avec de nombreux crocodiles. J’avais bien hâte de voir ces charmants animaux. Cependant, en raison de la saison sèche, le niveau de la lagune avait beaucoup diminué et l’eau était d’un vert plutôt opaque. Difficile de voir quelque chose. On a quand même pu observer la queue et les yeux de quelques spécimens. Rien de bien spectaculaire cependant. Pour les crocos il me faudra attendre encore…

jeudi 10 septembre 2009

Peradeniya



Le jardin royal Peradeniya, situé à Kandy (dans la région centrale du pays), est le plus vaste jardin botanique du Sri Lanka et, probablement, l’un des plus beaux en Asie. Bordé sur 3 cotés par la rivière Mahaweli il jouit d’un climat méditerranéen idéal.

D’abord conçu comme jardin d’agrément pour la reine dès 1371, il a été aménagé durant le règne du roi Kirti Sri (1747-1780). En 1821 il a été converti en jardin botanique par les Anglais, après la défaite du dernier roi de Kandy. C’est à partir de 1844, sous la direction de George Gardner (au nom fort approprié), que le jardin a connu son plus grand essor. La superficie du parc est maintenant de quelque 150 acres.

J’ai eu la chance de le visiter lors de mon passage à Kandy au mois d’août. C’est vraiment un magnifique jardin. Même s’il y avait foule ce jour-là (un dimanche) il est tellement vaste que l’on peut y déambuler tranquillement.

Les attractions du jardin sont nombreuses. En particulier les bambous géants de Birmanie. Ils sont vraiment gigantesques! J’aime beaucoup les bambous et il y en a ici plusieurs variétés.

Autre curiosité l’allée des cocos de mer, originaires des Seychelles. Il y a des arbres mâles et des arbres femelles (devinez lesquels) et les fruits sont spectaculaires (les plus gros et les plus lourds du monde végétal - de 10 à 20 kg)).

Le « cannonball Tree » est aussi assez particulier. Ses fruits ronds ressemblent à des boulets de canon. Un des arbres a été planté ici par le roi George V en 1901.

Des pins de Norfolk tourmentés semblent se livrer à une sorte de ballet dans un autre coin du jardin.


Les palmiers « talipot » ont d’immenses feuilles en éventail qui peuvent servir de parapluie à une quinzaine de personnes. Ces feuilles ont été utilisées autrefois pour produire un parchemin (appelé ola) sur lequel furent écrites les chroniques anciennes du pays. Cet arbre fleurit une fois seulement après 35 ans et plus, et il meurt peu après. La floraison est spectaculaire, en fait c’est la plus efflorescence connue.

On remarquera aussi l’allée de palmiers royaux, l’allée de palmiers choux, une autre de palmiers « Palmyrah », des arbres à saucisses et bien d’autres curiosités.

Sans oublier la serre des orchidées, les fougères, la collection de pelouse et l’immense figuier (« ficus benjamina ») qui forme un pavillon naturel au centre de la pelouse centrale. Et les majestueux pins de Kuni (d’Australie) au tronc rectiligne. Et les singes, nombreux et fort curieux.


Un après-midi au jardin Peradeniya est un enchantement pour tous les amateurs de botanique. Si vous passez par Kandy, n’hésitez pas à vous y arrêter quelques heures.

mercredi 2 septembre 2009

Les éléphants

Il est assez facile d’observer des éléphants sauvages dans le district d’Ampara. L’autre jour en revenant de la baignade nous en avons d’abord aperçu un, solitaire, près de la route. Il se prélassait en bordure d’un réservoir. Nous nous sommes donc arrêtés pour le saluer, mais pas de trop près cependant.

Puis, plus tard dans l’après-midi, lors d’une ballade à bicyclette, nous en avons surpris toute une bande (17 en tout) qui se prélassaient dans un autre petit lac, près de Buddhangala. J’en avais déjà observé quelque 40 spécimens dans le même lac il y a quelques mois. Un endroit magnifique où se balladent de nombreux paons, des buffles et plusieurs singes.

On remarquera aussi dans les arbres des sortes de plate-formes aériennes qui servent pour faire le guet (une surveillance de ces petites bêtes qui font des ravages dans les rizières avoisinantes).


Après avoir fait trempette nos éléphants se sont amusés à se couvrir de poussière en utilisant leur trompe comme pulvérisateur. Drôle de comportement direz-vous...mais ceci les protège des parasites, semble-t-il.

L’éléphant d’Asie se différencie de l’éléphant d’Afrique (il y a deux variétés: de savane et de forêt) par certaines caractéristiques anatomiques. Il est généralement plus petit et ses oreilles sont aussi plus petites. Il y a également une petite différence du bout de la trompe. Le crane présente deux bosses proéminentes et les défenses sont absentes chez les femelles, et même chez de nombreux mâles. En fait très peu d’éléphants Sri Lankais ont des défenses.

L’éléphant est un symbole de sagesse dans la culture asiatique (pensez au dieu Ganesh dans l'hindouisme), connu pour sa mémoire et pour son intelligence.


C’est « la bête qui dépasse toutes les autres par l’intelligence et l’esprit » selon Aristote. Il est aussi un des principaux symboles du Sri Lanka.

jeudi 27 août 2009

Banian


Il y a des arbres extraordinaires dans ce pays. Tout près de ma maison à Ampara on peut admirer un magnifique banian, de dimensions imposantes. Les banians de l'Inde (et du Sri Lanka) sont des arbres de la famille des ficus (figuiers).

Le nom semble provenir de la caste indienne des marchands, les banians, qui avaient l'habitude de s'installer sous cet arbre pour leur commerce. Par extension l'arbre a pris le nom des marchands.

Le banian commence comme epiphyte d'un autre arbre. Il produit des racines aériennes depuis les branches, qui se développent en pleines tiges une fois qu'elles touchent terre. L'arbre peut couvrir un vaste secteur et sa circonférence peut être impressionnante.